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Présidentielle au Sénégal : rencontre avec des disciples mourides

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©TV5MONDE/ M. Chevance

Deuxième volet de notre série de reportage au Sénégal avant la présidentielle du 24 février. Focus, cette fois, sur la religion qui garde une place importante dans la vie politique sénégalaise. Nos journalistes ont suivi Fallou Sène, un disciple mouride, une communauté musulmane importante dans le pays, réputée faiseuse de rois. Parmi les disciples, la présidentielle occupe les conversations. 

La main sur le front pour marquer son respect. C’est le salut mouride. Fallou Sène est un disciple de cette confrérie. Ce matin, avec son frère, il est devant Touba TV, la chaîne de leur communauté. 

« Je regarde une émission qui nous montre les écrits de Cheikh Amadou Bamba, notre guide religieux, raconte Fallou Sène, disciple mouride. Je prie ses écrits pour avoir sa bénédiction ». La bénédiction de celui qui a fondé la confrérie au XIXe siècle. 

Fallou lui voue un véritable culte. Pendentif, t-shirt, bagues, à son effigie. Dans le mouridisme, tout repose sur la soumission au chef. Et le chef aujourd’hui - le marabout - c’est Serigne Mountakha Mbacké, le descendant direct du fondateur. 

La dévotion à mon marabout rythme toute ma vie. 

Fallou Sène, disciple mouride.

Consignes de vote

« Je le sens, à l’intérieur de moi, explique Fallou Sène. Sa parole est divine, on ne discute pas. Quand il nous donne des ordres, on est obligés de suivre ses paroles. Alors quand il nous dit de suivre un président ou un candidat, moi je fais voter pour lui et sans façon. »

Les appels des chefs religieux à soutenir ouvertement un candidat sont devenus rares. Le dernier grand "ndiguel", la consigne en wolof, remonte à 1988 en faveur du président Abdou Diouf.

Dans son quartier, Fallou fréquente un groupe de Baye Fall, des disciples mourides. On les appelle les ange gardiens de la confrérie. 

Ils se retrouvent dans cette gargotte, pour boire justement du café Touba, une boisson en hommage à leur guide…en photo partout sur les murs. Ici on parle surtout religion. Mais dans quelques jours, c'est la présidentielle. Elle occupe les conversations. 

« J’attends une consigne du chef pour voter » , raconte un homme dans le bar.  « Et comme il n’a pas donné de consigne, tu ne veux pas te prononcer, c’est ça ? Donc, s'il y a une consigne, toi tu l’écoutes. Je comprends, je comprends.»

Cet homme ne nous dira pas le candidat de son choix. Difficile de parler politique devant notre caméra. Rapidement, il change de sujet. 

Candidats mourides

A quelques jours du scrutin, aucune consigne de vote n'a été lancée par le chef spirituel des mourides. Mais Fallou sait dores et déjà comment il devra voter ce jour-là. 

« Moi je vais choisir un candidat mouride, assure Fallou Sène, disciple mouride. Qui fera le mieux pour la confrérie et le pays. C’est ça ma priorité d’abord. Il sera proche de mon marabout et de la communauté mouride ». 

Deux candidats de l’opposition sont mourides, Idrissa Seck et Madické Niang. Et le jour du vote, nul doute que Fallou se le rappellera dans l’isoloir.

>> Retrouvez l'intégralité de notre reportage :

 

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