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Présidentielle au Togo : quels enjeux ?

Les chefs locaux togolais assistent à un rassemblement de campagne électorale à Lomé, Togo jeudi 20 février 2020. (Photo AP / dimanche Alamba)

Le samedi 22 février, 3, 6 millions d’électeurs togolais sont appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle. Sans suspense, le favori est le président sortant Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. Pour la première fois, en théorie, le vote est ouvert à la diaspora togolaise.

  • Sept candidats

Le président sortant, Faure Gnassingbé, 53 ans, brigue un quatrième mandat. C’est en 2005 qu’il prend la tête du pays et succède à son père Gnassingbé Eyadema (1935-2005). Face à lui, une opposition morcelée qui n’est pas parvenue à se rassembler derrière un candidat. Parmi les 6 autres candidats, Jean-Pierre Fabre, 67 ans, arrivé second aux élections de 2010 et 2015. Si aucun des candidats n'obtient de majorité à plus de 51%, un second tour sera organisé.
 

 

  • Une organisation opaque

La CNSC (Concertation Nationale de la Société Civile) avait prévu de déployer quelque 900 observateurs dans le pays, dès le premier tour de la présidentielle. Dans un courrier officiel daté du 17 février, la CENI (Commission électorale nationale indépendante) annonce à la CNSC le retrait de son accréditation pour l’observation électorale de 2020. Le Conseil Episcopal Justice et paix de l'Eglise Catholique n'avait pour sa part, pas obtenu d'accréditation pour observer ses élections.

Le 19 février, le gouvernement annonce l'abandon du programme « SINCERE ». Ce système électronique était censé sécuriser le vote en captant des images des résultats à la fin de chaque dépouillement dans les bureaux de vote et dans les CELI (Commissions Electorales Locales Indépendantes), en attendant l’acheminement des procès-verbaux à la CENI.

À (re)voir : Togo : la Concertation nationale de la société civile ne pourra pas avoir d’observateurs pendant le scrutin
 

  • Ouverture du vote à la diaspora

Annoncé comme une nouveauté, ce droit figurait déjà dans la Constitution togolaise. En théorie, les Togolais de 6 pays (Etats-Unis, France, Gabon, RDC, Nigeria et Maroc) ont été appelés à s’enregistrer sur les listes électorales. En pratique, très peu auront la chance de voter. En France, ils ne sont que 28 sur plus de 9300 Togolais de France à avoir obtenu une carte d'électeur.

Au niveau mondial, seuls 348 Togolais pourront se rendre aux urnes le 22 février.  Au Togo, la CENI justifie ce faible taux par "manque d'habitude des compatriotes de la diaspora". Une diaspora, traditionnellement tête de pont de l'opposition. En réalité, les ressortissants n’ont eu que 3 jours pour s’enregistrer et la carte consulaire exigée était quasi-impossible à obtenir.

À (re)voir : Présidentielle togolaise, de nombreux obstacles au vote de la diaspora
 

 

  • Plus de 50 ans de dynastie

Au début des années 1990, des troubles politiques et sociaux font plusieurs centaines de morts. Après une période de transition instituée en 1991, Gnassingbé Eyadéma, soutenu par l'armée, reprend toutes ses prérogatives. Il est réélu en 1993 au cours d'une consultation boycottée par l'opposition, en 1998 après un scrutin contesté, puis en 2003 après une modification de la Constitution l'autorisant à briguer un nouveau mandat.

En 2017 et 2018, le pays connaît une série de manifestations massives lourdement réprimées réclamant la limitation des mandats présidentiels et le départ du chef de l'Etat. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement la répression des manifestations, la censure et les arrestations d'opposants. Ce petit pays francophone d'Afrique de l'Ouest est gouverné par la même dynastie depuis plus de 50 ans, celle des Gnassingbé père et fils.
 
 

  • Bons indices économiques mais grande pauvreté

La capitale Lomé, avec son port en eau profonde et un nouvel aéroport international, se rêve en hub régional, courtise les investisseurs étrangers et a récemment accueilli de nombreux sommets internationaux ou régionaux contre la piraterie ou le trafic de faux médicaments. L'économie togolaise a redémarré depuis le retour des bailleurs de fonds fin 2007, après quinze années de sanctions pour "déficit démocratique".

Le phosphate constituait jusqu'au milieu des années 1990 le poumon économique du Togo et son premier produit d'exportation. Mais ce secteur public s'est effondré entre 1997 et 2007 en raison d'une mauvaise gestion et de la corruption.

Le Togo en chiffres

7,8 millions d'habitants  en 2018 (selon la Banque mondiale)

56.785 km2 : superficie de ce petit pays francophone d'Afrique de l'Ouest baigné au
Sud par l'océan Atlantique.

130e sur 180 pour son niveau de corruption par Transparency International en 2019

4,9% : taux de croissance en 2018 (selon la Banque mondiale)

55% : part de la population vivant sous le seuil de pauvreté 

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