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Présidentielle en RDC : Bemba et Katumbi éjectés, Tshisekedi en lice

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©TV5MONDE / Reportage : F. Mokoko - Commentaire : S. Rodier - Montage: L. Bellon

Le processus électoral en République démocratique du Congo a abordé mercredi 19 septembre 2018 sa dernière ligne droite avec la publication d'une liste définitive de 21 candidats à la succession du président Kabila, qui officialise l'exclusion de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. Félix Tshisekedi reste en lice.

C'est un début ou une fin... selon si son nom est sur la liste de la Commission électorale, ou pas. La CENI a tranché et c'est un début pour 21 candidats à la présidentielle, dont Samy Badibnga et Marie Josée Ifoku, repêchés à la dernière minute par la cour constitutionnelle. 
 

Nous entamons la dernière ligne droite vers le 23 décembre 2018, date des élections. Il s'agit d'une date importante pour notre pays.Corneille Nanga, président de la CENI

Trois noms émergent pour les élections prévues le 23 décembre, le "dauphin" choisi par le président Kabila, son ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, et ses deux principaux adversaires, le président de l'UDPS Félix Tshisekedi et l'ex-président de l'Assemblée Vital Kamerhe.

C'est la  fin, sans surprise pour Jean-Pierre Bemba ou Moïse Katumbi, qui ne participeront pas à la course à la présidentielle. Ils étaient sur les mêmes photos la semaine dernière à Bruxelles accompagnés de deux candidats Vital Kamerhe et Félix Tshishekedi... Ces deux-là seront-ils adversaires ou partenaires? et qui les soutiendra?

Le risque de crise électorale persiste

Beaucoup de questions à résoudre en trois mois, mais le processus électoral se poursuit donc, malgré les heurts, les soubresauts de la vie politique, les mises à l'écart et les décisions judiciaires. Un climat risqué... 

Cette liste ouvre la voie à la campagne électorale (à partir du 22 novembre) avec de persistantes contestations d'une procédure de vote -la machine à voter- et du fichier électoral par l'opposition et la société civile. L'enjeu est une première transition pacifique dans le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, où les défis politiques et logistiques pour des élections "crédibles, transparentes, apaisées"  inquiètent nombre d'observateurs.
 

La phase préparatoire des élections, qui perdure depuis trois ans pratiquement, n'est pas sereine. On a l'impression qu'elle est en train de planter les germes des crises post-électorales.Célestin Kabuya-Lumuna Sando, professeur de sociologie politique

La crise aurait déjà eu lieu si Félix Tshishekedi accusé de présenter de faux diplômes n'avait pas été retenu...
 

Aucune inquiétude ne nous a traversés depuis que ce faux débat existe et depuis que nous avons déposé notre candidature.Jacquemain Shabani, président de la Commission électorale de l'UDPS

Katumbi et Bemba mis à l'écart

Le calendrier électoral prévoit de se dérouler toujours au jour près, malgré les tensions suscitées par la mise à l'écart de MM. Katumbi et Bemba. Allié du président Kabila passé à l'opposition fin 2015 et qui vit en exil à l'étranger depuis 2016, M. Katumbi affirme avoir été empêché de rentrer en RDC, où il est poursuivi par la justice, début août quand il s'est présenté à un poste-frontière avec la Zambie. 

Ex-chef rebelle et vice-président, la candidature de M. Bemba a été invalidée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI) qui l'avait acquitté de sa peine pour crimes de guerre et contre l'humanité. "Kabila a eu peur de moi", a lancé M. Bemba.

Jean-Pierre Bemba a résumé la situation en affirmant que "si l'opposition s'unit derrière un candidat, alors oui, je pourrai faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu'un et je le ferai gagner". Un boycott des élections "ne serait pas ma décision personnelle, mais celle de l'opposition. Nous n'en sommes pas là", a ajouté le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), l'un des principaux partis d'opposition.

L'opposition se réunira le 29 septembre

Privée de deux de ses leaders, l'opposition cherche désormais un candidat commun pour défier le "dauphin" du président Kabila, sans exclure un boycott des élections en raison de l'utilisation prévue des "machines à voter" controversées. Pour battre Emmanuel Ramazani Shadary, l'opposition va de nouveau se rencontrer, sans doute à la fin du mois à Kinshasa;, après de récents conciliabules à Bruxelles, et une rencontre à Johannesburg avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l'ANC.

Les stratégies vont se faire de plus en plus précises... Ce rassemblement sera un test du climat politique en RDC où la plupart des manifestations sont interdites sous prétexte que la campagne n'a pas encore commencé.