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Présidentielle en RDC : réactions à la victoire de Félix Tshisekedi et contestations

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©TV5MONDE / Commentaire : A. DELPIERRE - Montage : R. MONJANEL

Après les premières scènes de liesse des partisans de Tshisekedi, la contestation. Du perdant Martin Fayulu, tout d'abord, qui ne reconnaît pas les résultats provisoires rendus publics pas la Céni. Et de la conférence épiscopale (CENCO), qui de son côté, affirme ne pas avoir collecté les mêmes résultats que la commission électorale.

Malgré des appels au calme des heurts ont éclaté ce jeudi, le bilan est d'au moins 12 victimes.

L'opposant congolais Félix Tshisekedi, proclamé provisoirement vainqueur de la présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo, a rendu hommage au président sortant Joseph Kabila, "partenaire de l'alternance démocratique", dans sa première prise de parole depuis sa victoire.

"Je rends hommage au président Joseph Kabila. Aujourd'hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l'alternance démocratique dans notre pays", a-t-il déclaré devant une foule de ses partisans réunis au siège de son parti, l'UDPS.
 

Liesse de ses partisans

Des partisans de Félix Tshisekedi avaient exprimé leur joie à l'annonce des résultats provisoires de la présidentielle en République démocratique du Congo, proclamés par la Céni :

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©TV5MONDE / Commentaire : K.G. Barzegar - Montage : S. Alayrangues

Des scènes de liesse ont aussi eu lieu ce jeudi à Goma, mais de courte durée, comme l'explique notre correspondant Anthony Fouchard :

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©TV5MONDE / Correspondance : A. Fouchard

Un "putsch électoral" selon Martin Fayulu

Arrivé deuxième de la présidentielle (selon les résultats provisoires annoncés par la Céni), Martin Fayulu a tout de suite dénoncé ce jeudi aux aurores dans une interview à RFI un "putsch électoral""Ces résultats n'ont rien à voir avec la vérité des urnes", a déclaré le candidat de la coalition de l'opposition Lamuka.

Martin Fayulu a ensuite "demandé la vérité des urnes" sur notre antenne, TV5MONDE, et a déclaré qu'il ne reconnaissait par les résultats rendus par la Céni qui "doit être condamnée"  :   
 

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Martin Fayulu, crédité par la Céni de 34,8% des voix contre 38,57% à Félix Tshisekedi et 23,8% à Emmanuel Ramazani Shadary (le candidat du pouvoir arrivé en 3ème position), a estimé qu' : "On a volé la victoire du peuple congolais, et le peuple congolais n'acceptera jamais que sa victoire lui soit volée".

Du côté du Front commun pour le Congo (FCC), le parti d'Emmanuel Ramazani Shadary on "réunit tous les éléments pour apprécier l'adéquation de ceux-ci avec les réultats proclaamés par la Céni, et le cas échéant lui permettre d'envisager la saisine de la Cour constitutionnelle", pouvait-on lire dans un communiqué.  

Un résultat contesté par la CENCO

Dénonçant les résultats de la Commission électorale (Céni), Martin Fayulu a invité la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) à rendre publique la vérité des urnes de l’élection présidentielle du 30 décembre. 

Une position partagée par la Lucha, le Mouvement citoyen Lutte pour le changement. Le militant Bienvenu Matumo de la Lucha était l'invité de TV5MONDE : 
 

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La CENCO a convoqué une conférence de presse ce jeudi midi au cours de laquelle elle a indiqué, sans révéler le nom du vainqueur : "nous constatons que les résultats de l'élection présidentielle tels que publiés par la CENI ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d'observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement". 

Décryptage de notre grand reporter Ilhame Taoufiqi : 
 

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"Résultats pas conformes" pour la France

Quant à la France, elle a estimé jeudi que les résultats de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo annoncés mercredi n'étaient "pas conformes" et que l'opposant Martin Fayulu en était "a priori" le vainqueur. 

"Il semble bien que les résultats proclamés (...) ne soient pas conformes aux résultats" réels, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur CNews. "Mr Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections", a-t-il ajouté.

Martin Fayulu s'est félicité sur TV5MONDE de cette déclaration.  

"La conférence épiscopale du Congo a fait des vérifications, a annoncé des résultats qui étaient totalement différents", a ajouté le ministre français. .

La puissante conférence épiscopale congolaise (Cenco), qui avait déployé une mission d'observation du scrutin, avait déclaré le 4 janvier connaître le nom du vainqueur, sans le nommer.

"Il faut qu'on garde son calme, qu'on évite les affrontements et que la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l'on imaginait, à ce qui était avancé", a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

"Cela peut mal tourner parce que M. Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections", a-t-il ajouté. "La France a saisi le Conseil de sécurité en fin de semaine dernière pour que les résultats constatés soient les résultats réels".  

"Elle souhaite que les chefs d'Etat africains et les organisations africaines puissent agir pour que les résultats soient les vrais résultats des élections", a-t-il relevé.

L'ONU appelle à s'abstenir de violences

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé toutes les parties prenantes en République démocratique du Congo à "s'abstenir" d'actes violents après la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle donnant l'opposant Felix Tshisekedi vainqueur.
 

"Le Secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à s'abstenir d'actes violents et à régler tout contentieux électoral par les mécanismes institutionnels établis conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo et aux lois électorales pertinentes", a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration de presse rendue publique mercredi soir depuis New York.

Malgré cet appel, mais aussi celui de l'Union africaine qui appelle à "préserver la paix et utiliser les moyens légaux", des violences ont éclaté dans le pays ce jeudi, faisant état d'au moins 12 victimes.

Les résultats provisoires pourront faire l'objet de recours devant la Cour constitutionnelle. La prestation de serment du nouveau président élu était prévue le 18 janvier dans le calendrier initial.