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Présidentielle en RDC : violences à Lubumbashi, à douze jours de l'élection

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©TV5MONDE / Commentaire : S. Rodier - Montage : V. Perez

L'arrivée de Martin Fayulu a été très mouvementée à Lubumbashi.  Le cortège de l'opposant congolais a été bloqué par la police. Des tirs à balles réelles ont résonné dans cette ville du sud du pays, selon plusieurs sources. Selon une ONG congolaise, il y a eu deux morts... La police évoque pour sa part 13 blessés.

Ce devait être un jour de fête à Lubumbashi. Martin Fayulu devait tenir meeting dans ce fief de l'opposition, où ses partisans sont venus très nombreux. Beaucoup d'entre eux ont immortalisé la scène en photo ou en vidéo. Le cortège doit amener le candidat dans le sud de la ville. Mais très vite, la police intervient. Elle tire des lacrymogènes et fait usage de canons à eau.

Le candidat lui-même doit se protéger dans sa voiture. Sa directrice de campagne prend la parole dans le véhicule.
 

On a tiré dessus par la garde républicaine. Il y a l'eau chaude. Je ne comprends pas. J'en appelle au Conseil de sécurité.Eva Bazaiba, directrice de campagne du candidat

Joint par téléphone en début de soirée, Martin Fayulu raconte: "ils ont visé ma Jeep pour me larguer des gaz et à chaque fois le chauffeur esquivait. Ils ont commencé à tirer à bout portant, d'abord des sommations, des tirs en l'air".

Cortège détourné, meeting annulé

Le meeting n'aura pas lieu, le cortège doit être détourné. "Ils nous ont imposé un itinéraire", a déclaré sur Twitter le candidat affirmant que cet itinéraire les avait empêchés d'"arriver sur les lieux du meeting". "Ils nous ont dirigé vers la résidence de +papa+ Kyungu", a-t-il ajouté, en référence au nom du chef de l'opposition locale.
 

La puissance publique, l'armée nationale, la police nationale, nous empêchent de tenir des meeting et la communauté internationale doit se saisir de cette situation. Martin Fayulu, candidat à la présidentielle

A la Cité des jeunes, le lieu prévu au départ pour les discours, là aussi, la police a dispersé les partisans. Ce jeune homme est blessé, nos sources évoquent des tirs à balles réelles dans ce quartier.

 Martin Fayulu qualifie le régime de Kabila de pouvoir "barbare".  Il en appelle aux autorités internationales pour faire respecter la campagne.

Bilan contradictoire des troubles

Selon l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACaj), deux partisans de l'opposition ont été tués mardi à Lubumbashi. L'ONG fait aussi état d'"un policier grièvement blessé" dans un état critique et de "43 blessés, dont 15 par balle".
La police de son côté n'évoque pas de morts mais fait état de onze policiers et deux civils blessés dans des heurts avec des partisans de Martin Fayulu. La coalition Lamuka, qui soutient M. Fayulu, fait de son côté état de cinq à six morts.

Plus tôt dans la journée, des partisans de M. Fayulu avaient été dispersés à coups de gaz lacrymogène et par des jets d'eau chaude pendant qu'ils attendaient leur candidat près de l'aéroport de Lubumbashi. L'Acaj fait état de 27 opposants pro-Fayulu arrêtés, et de cinq véhicules incendiés dont deux de la police.

Un des principaux soutiens de M. Fayulu est l'ex-gouverneur du Katanga et homme fort de Lubumbashi, Moïse Katumbi, en exil en Belgique. Lubumbashi est aussi le fief du président sortant Joseph Kabila, où son "dauphin", le candidat de la majorité Emmanuel Ramazani Shadary, avait commencé sans encombre sa campagne le 26 novembre.

Dimanche, M. Fayulu a affirmé qu'il n'avait pas pu se rendre à Kindu (nord-est) en raison d'affrontements entre ses partisans et des personnes se réclamant de la majorité. Kindu est le chef-lieu de la province du Maniema d'où est originaire le candidat du pouvoir.
 

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