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Présidentielle en Tunisie : les "convictions" de Kais Saied à mettre en oeuvre

Kais Saied s'adresse à ses supporters et aux journalistes au soir du second tour de la présidentielle tunisienne le dimanche 13 octobre. © AP Photo/Mosa'ab Elshamy

Le nouveau président de la Tunisie sera Kais Saied. Le constitutionnaliste a été massivement élu avec plus de 72% des suffrages lors du second tour de la présidentielle ce dimanche 13 octobre. Lui restera à mettre en oeuvre sa vision de la Tunisie, telle qu'exprimée au cours de sa campagne.

Pas de programme mais des convictions. Tout au long de sa campagne de terrain, Kais Saied s’est présenté ainsi. Un homme de convictions. La première d’entre elle ? La nécessité absolue de décentraliser. A en croire celui qui sera très certainement le nouveau président de la Tunisie, ce qui est bon pour le pays doit partir du local pour remonter vers le pouvoir central. Une approche centripète qui passe par l’élection de conseils locaux. Comme l’explique la chercheuse Khadija Mohsen-Finan dans la revue Orient XXI, “les projets seraient élaborés dans le cadre d’ateliers permettant aux conseils locaux de préparer un plan économique, social et culturel”. Les projets seraient ensuite remontés au niveau régional puis adressés au pouvoir central.

Plusieurs exigences du futur président attirent l’attention : la place très importante accordée aux jeunes, dont on sait qu'ils se sont largement mobilisés en sa faveur. Au sein des conseils locaux, un quart des représentants aura moins de 35 ans. Ces conseils devront également être paritaires. Enfin, les représentants seront révocables en cours de mandat, “afin que la volonté du peuple parvienne jusqu’au pouvoir central et mette fin à la corruption”, déclarait Kais Saied en septembre dans un entretien à l’Agence France Presse. Ambition de cette réforme, selon lui, concrétiser les objectifs jamais atteints de la révolution de 2011.

Education et santé

La couverture sociale et l’enseignement ne sont pas des produits commerciaux”. La phrase figure sur le site officiel de Kais Saied. Derrière ce qui ressemble à un mantra de gauche, une réelle obsession du futur président pour la jeunesse. L’éducation est au coeur de ses préoccupations car elle est “la clé de tout changement dans le pays”, résume un journaliste tunisien. Concrètement, le candidat a simplement évoqué la mise en place d’un Haut conseil de l’Education.
Tout au long de sa campagne, l’ultra-conservatisme du candidat Kais Saied a été mis en avant. S’il a promis de ne pas revenir sur les acquis en matière de droits des femmes, le constitutionnaliste de 61 ans reste toutefois opposé à certaines avancées toujours en débat, comme l’égalité des sexes en matière d’héritage qui divise la société tunisienne depuis de longs mois.

Accusations de salafisme

Kais Said défend également la peine de mort, pour “préserver la paix sociale”, dit-il. Il se pose en revanche contre l’emprisonnement des homosexuels.

Ses détracteurs n’ont pas hésité à l’accuser d’intégrisme, voire de salafisme : “lecture simpliste”, nous expliquait mi-septembre le chercheur Vincent Geisser pour qui Kais Saied incarne “un troisième courant qui rejette l’islamisme, car il refuse l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques” mais “défend un ultra-conservatisme sociétal et un hyper-légalisme sur le plan des institutions”.

"En guerre avec l'entité sioniste"

En vertu de la Constitution, Kais Saied règnera sur les deux domaines régaliens que sont la Défense et les Affaires étrangères. Sur ce point, au soir de son élection dimanche 13 octobre, il a à nouveau évoqué le soutien sans faille de la Tunisie à la cause palestinienne. Son pays, a-t-il dit, sera "en guerre avec l'entité sioniste tant qu'elle colonisera les territoires palestiniens", qualifiant de "haute trahison" la normalisation des relations avec Tel Aviv. 

Concernant le voisin libyen, toujours déchiré, il promet de tout faire pour "ramener la paix et la stabilité", s'engageant à se rendre en Libye.

Kais Saied prêtera serment à la fin de ce mois d’octobre. S’il s’est toujours présenté comme non-partisan et à l’écart des appareils politiques traditionnels, il devra néanmoins composer avec un gouvernement issu d’un parlement aux allures de mosaïque.

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