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Présidentielle en Tunisie : Nabil Karoui libéré dans la dernière ligne droite de la campagne

Le candidat Nabil Karoui à sa sortie de prison le mercredi 10 octobre 2019, à quatre jours du second tour de la présidentielle.  © AP Photo

Un mois et demi derrière les barreaux, et la liberté à 48 heures de la fin de la campagne. Nabil Karoui est sorti de prison ce mercredi 9 octobre au soir. Incarcéré le 23 août pour des soupçons de corruption, il reste inculpé mais va pouvoir participer aux deux dernières journées de campagne pour le second tour de la présidentielle prévue dimanche 13 octobre.

Une campagne à l'ombre. Le 23 août dernier, Nabil Karoui est arrêté sur une aire d'autoroute alors qu'il rentre à Tunis après l'un de ses nombreux déplacements caritatifs en province. Depuis 2016, le magnat des médias et de la communication a décidé d'aider les plus démunis. Trois années à arpenter la Tunisie et à se construire une image d'homme généreux et proche du peuple. Trois années, parallèlement, à se forger une assise politique au point de devenir un présidentiable sérieux.

Est-ce pour lui couper les ailes que ce vendredi 23 août il est arrêté alors que les accusations de "blanchiment d'argent" dont il fait l'objet courent depuis déjà de longs mois ? Son entourage et lui n'en doutent pas : à dix jours du coup d'envoi de la campagne, l'ordre est venu d'en haut. Responsable désigné, le Premier ministre Youssef Chahed, également candidat à la présidence.
En ce mois d'août, alors que la date de la présidentielle vient d'être avancée suite au décès du chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi, Nabil Karoui, 56 ans, est en tête de toutes les enquêtes d'opinion. Il compte alors plus de dix points d'avance sur Kais Saied qui arrivera en tête au premier tour le 15 septembre dernier.

"Candidat à sa libération"

Curiosité, profitant d'un vide juridique, Karoui est autorisé à se présenter. L'Isie, en charge de l'organisation du scrutin, donne son feu vert, expliquant que rien ne le lui interdit. Une nouvelle loi électorale censée le disqualifier a pourtant été votée, mais elle n'a pas pu être promulguée pour cause de décès du président Essebsi.

Au cours de ce mois et demi de détention, ses avocats vont multiplier les recours pour tenter d'obtenir sa libération. Sans succès. Il sera notamment absent début septembre à l'occasion des débats télévisés inédits réunissant l'ensemble des candidats.
 

Silencieux mais pas hors-jeu. Si Nabil Karoui ne peut pas s'exprimer, d'autres le font à sa place. Sa chaîne de télévision Nessma TV est mise à contribution, au point d'inquiéter les observateurs européens qui, mardi 8 octobre, déplorent le manque d'équilibre dans la couverture de la campagne par la chaîne privée, l'une des plus regardées du pays.

Campagne express

Mise en avant aussi, l'épouse du candidat emprisonné. Directrice régionale du géant informatique Microsoft, Salwa Smaoui a mis sa carrière entre parenthèses pour reprendre le flambeau. Depuis le début du mois de septembre, elle parcourt à son tour le pays et intervient dans les médias. Son message tourne surtout autour de la détention de son mari, "premier prisonnier politique en Tunisie depuis la révolution de 2011", selon elle. Cité par le correspondant à Tunis de l'hebdomadaire français Le Point, l'un des proches de Nabil Karoui affirme d'ailleurs que ce dernier "est candidat à sa libération".

Libre depuis ce mercredi 9 octobre en début de soirée, Nabil Karoui n'aura donc que quelques heures pour tenter de convaincre.
Au programme, une émission de télévision ce jeudi 10 octobre au soir, puis le lendemain, vendredi 11 octobre, un débat face à Kais Saied.
L'occasion d'entendre, de vive voix, les arguments et messages de Nabil Karoui. De réentendre également son adversaire conservateur qui s'impose le silence depuis une semaine. La fin du silence, à trois jours du vote.

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