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Procès de Vital Kamerhe en RDC : décès du président du tribunal

Vital Kamerhe ( à gauche) était le principal allié de Felix Tshisekedi (à droite) lors de sa conquête du pouvoir. Les deux hommes tiennent une conférence de presse commune ce 23 novembre 2018 à Nairobi au Kenya. AP/Ben Curtis

Raphaël Yanyi, le magistrat qui présidait le tribunal de grande instance en charge du procès de Vital Kamerhe est décédé, subitement dans la nuit du 26 au 27 mai à Kinshasa, selon la police. Le procès de Vital Kamerhe, figure centrale de la vie politique congolaise, poursuivi pour détournement de fonds, devrait "se poursuivre", l'audience prévue le 3 juin est maintenue selon une source judiciaire.

"Vers 02H00 (01H00 GMT), il a eu des malaises et on l'a conduit au centre hospitalier Nganda. Il a succombé des suites d'une crise cardiaque." C'est ce qu'a annoncé à l'Agence France-Presse un responsable de la police de Kinshasa, le colonel Miguel Bagaya.

"En le transportant à l'hôpital, sa femme disait que son cœur ne battait plus déjà", a précisé un de ses neveux sur la radio Top Congo FM. "Nous avons demandé l'autopsie et nous attendons", a-t-il ajouté.

L'annonce du décès du magistrat a provoqué "quelques échauffourées près de sa résidence", a indiqué la police. A la mi-journée ce mercredi, le calme était revenu autour de la résidence où des agents de la police se sont installés, selon un vidéaste de l'AFP.
 

Vital Kamerhe accusé de détournement

Le magistrat, âgé d'une cinquantaine d'années, avait présidé lundi 25 mai la deuxième audience du retentissant procès Kamerhe, directeur de cabinet du président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, et son principal allié dans la conquête du pouvoir fin 2018 - début 2019.

Vital Kamerhe a été placé en détention provisoire mercredi 8 avril. Son procès a commencé le 11 mai. Avec deux co-accusés, Vital Kamerhe est poursuivi pour le détournement présumé de quelque 50 millions de dollars de fonds publics destinés à la construction de logements sociaux sous forme de 4.500 maisons pré-fabriquées à partir de matériaux importés de Turquie.

Lire : Arrestation de Vital Kamerhe en RDC : "La présidence Tshisekedi a géré le programme des 100 jours dans une totale opacité"
 

Poursuite du procès, "audience le 3 juin"

"Le procès va se poursuivre. La succession est bien organisée par la loi", a expliqué à l'AFP une source judiciaire. "Le greffier va acter la présence du nouveau président" du tribunal "avant de lire les procès verbaux des précédentes audiences", a ajouté cette source.

"Il y aura bel et bien audience le 3 juin. Il n'y a pas de débat là-dessus", a assuré à l'AFP une source judiciaire. En levant lundi 25 mai la deuxième audience de ce procès sans précédent en République démocratique du Congo, le défunt, Raphaël Yanyi, avait lui-même fixé la prochaine au 3 juin devant le tribunal de grande instance.

La défense, qui clame son innocence, avait demandé au tribunal d'inviter plusieurs témoins à la barre, dont le gouverneur de la Banque centrale et plusieurs ministres.

Les deux premières audiences ont eu lieu dans l'enceinte de la prison centrale de Makala où Vital Kamerhe et un de ses co-accusés, l'entrepreneur libanais Jammal Samih, sont en détention préventive. Elles ont été retransmises en direct sur la chaîne d'État RTNC.

"La mort peut être naturelle. Mais quand elle survient à un moment délicat, ça devient très louche quand même. Les enquêtes doivent être sérieusement menées pour en déterminer la cause", a réagi le militant pro-démocratie Carbone Beni, co-fondateur du mouvement citoyen Filimbi.

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