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RDC : des cartes SIM rwandaises pour contourner les restrictions d'accès à internet

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Depuis le 31 décembre et le lendemain des élections, internet est coupé dans toute la République Démocratique du Congo. Dans les deux Kivu, les consommateurs ont trouvé la parade et achètent des cartes SIM rwandaises. Des cartes SIM que des trafiquants se procurent, en gros, au Rwanda voisin. Un commerce  qui se développe et que les autorités de Kigali voient d'un très mauvais oeil.

 

Poivre Badibanga est chercheur.
Depuis 2 semaines, difficile pour lui de travailler sans internet.
Ce mercredi, il fait donc le déplacement jusqu'au poste de frontière de la Ruzizi 1, à deux pas du Rwanda voisin, pour acheter une nouvelle carte SIM rwandaise.

"Avec ce déficit de connexion aujourd'hui dans notre pays, le Congo, et bien je suis venu ici pour me procurer cette carte SIM et la recharger et du coup je vais entrer en communication avec les uns les autres sur Whatsapp", se réjouit Poivre Badibanga.

Cette carte SIM MTN rwandaise coûte 2000 francs, c'est deux fois plus qu'une carte congolaise. Mais de plus en plus d'habitants du Sud et du Nord Kivu sont prêts à cet investissement pour contourner les restrictions des communications imposées par l'État congolais.

Depuis le 31 décembre et le lendemain des élections, internet et les services de messagerie sont coupés dans tout le pays. Légalement, un citoyen congolais muni d'un passeport peut acheter une carte SIM rwandaise. Mais rares sont ceux qui possédent ce précieux document.

Alors des trafiquants traversent la "Grande barrière" comme on surnomme ici la frontière et achètent des cartes SIM en gros, avec un ou deux passeports. À Goma, les revendeurs préfèrent être discrets sur ce commerce de fait illégal.

"Pour le business, en tous cas, ça va au Rwanda, constate Emery vendeur d'unités téléphoniques à Goma. Ce n'est pas pour nous, donc nous travaillons pour les gens du Rwanda pas pour les Congolais."

Les sociétés congolaises de télécommunications pâtissent en effet directement de ces restrictions d'accès à internet. Un trafic similaire s'organise à la frontière burundaise.