RDC: Kigali se joint aux appels demandant aux rebelles du M23 l'arrêt des combats

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Des habitants de Goma rejoignent l'armée régulière ce 7 novembre 2022 pour combattre le M23. Plus de 3000 hommes ont rejoint les rangs de l'armée régulière depuis le mois de novembre.
AP Photo/Moses Sawasawa
Mis à jour le
19 novembre 2022 à 13:34
par TV5MONDE
Le président rwandais Paul Kagame s'est joint aux appels demandant aux rebelles du M23 en République démocratique du Congo de mettre fin aux combats et à se retirer des territoires qu'ils occupent, a déclaré samedi l'ancien dirigeant kenyan Uhuru Kenyatta.

L'ancien président du Kenya, Uhuru Kenyatta, qui a quitté ses fonctions en août, est facilitateur de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) pour la paix en RDC.
 

Uhuru Kenyatta, en discussion avec le président Kagame, a convenu de la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat.Communiqué du bureau de Uhuru Kenyatta.

Les combats ont déplacé des milliers de personnes dans l'est de la RDC et ravivé les tensions régionales alors que le M23, composé principalement de Tutsis congolais, s'est emparé de vastes étendues de territoire dans le Nord-Kivu.

"Kenyatta, en discussion avec le président Kagame, a convenu de la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat", a indiqué dans un communiqué le bureau de 
Uhuru Kenyatta vendredi soir à l'issue d'un appel téléphonique entre les deux hommes.

"Le président Kagame a également accepté d'aider le facilitateur de l'EAC à exhorter le M23 à cessez-le-feu et à se retirer des territoires conquis", selon les termes du communiqué.

Lire : la rébellion du M23 a gagné du terrain près de Goma, l'armée engage ses avions de chasse


Ancienne rébellion tutsi, le M23 (Mouvement du 23 mars) a repris les armes en fin d'année dernière, s'est emparé en juin de Bunagana, à la frontière avec l'Ouganda et, après plusieurs semaines d'accalmie, est reparti le 20 octobre à l'offensive, étendant largement le territoire sous son contrôle.
 

Les combats ont été particulièrement violents à 20 km de Goma.
Les combats ont été particulièrement violents à 20 km de Goma.



La République démocratique du Congo accuse le Rwanda d'apporter au M23 un soutien que des experts de l'ONU et des responsables américains ont également pointé ces derniers mois. Kigali conteste, en accusant en retour Kinshasa de collusion avec les FDLR, des rebelles hutu rwandais implantés en RD Congo depuis le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

Uhuru Kenyatta a également eu un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, et a appelé l'ONU à "renforcer l'aide humanitaire" destinée aux personnes déplacées dans l'est la RDC, selon le communiqué.

Envoi de 900 soldats kenyans


L'EAC a annoncé que de nouveaux pourparlers de paix devaient débuter le 21 novembre à Nairobi. La liste des participants n'a toutefois pas été dévoilée

Des affrontements entre l'armée congolaise et les rebelles du M23 se sont poursuivis vendredi sur plusieurs fronts dans l'est de la RDC.

Le Kenya a décidé l'envoi d'environ 900 soldats en RDC dans le cadre d'une force conjointe de l'EAC mise en place pour aider à rétablir la sécurité dans l'est de ce pays, un premier groupe de soldats étant arrivé il y a une semaine.

Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Belgique ont dit vendredi "condamner fermement" les avancées des rebelles du M23 dans l'est de la RDC les appelant, dans un communiqué, à se "retirer immédiatement" et "à cesser les hostilités".