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RDC : la presse satirique au plus mal

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TV5MONDE

C'est une tradition journalistique qui tend à disparaître en RDC : la presse satirique est au plus mal.

Le journal "Grognon" , créé en 1991, est un des rares rescapés d'une époque où l'avènement du multipartisme avait suscité beaucoup d'espoir. Reportage. 

Magg MIKOMBE tient dans sa main les tous premiers exemplaires du Grognon. Ce journal satirique est le plus ancien du pays, les premiers numéros sont des pièces de collections, ils sont parus sous Mobutu.

"Le Grognon a affronté les moments les plus difficiles, les systèmes les plus compliqués. Le Grognon n'a pas fuit devant Mobutu, ni Laurent Désiré Kabila, ni Joseph Kabila quand il est arrivé : on a jamais fuit." Magg MIKOMBE, directeur de la rédaction.

Depuis 24 ans, le Grognon a survécu à tous les bouleversements : l'arrivée de la télévision puis des réseaux sociaux qui ont fragilisé son modèle économique sans pour autant le réduire au silence. Mais aujourd'hui, c'est la répression du régime qui pourrait bien museler les caricaturistes. L'éditeur du journal est en prison et les journalistes doivent se faire discrets.

"La rédaction est devenue ambulante, ça veut dire que nous travaillons là où nous pouvons le faire. Il faut trouver quelqu'un qui accepte de nous recevoir d'abord et si cette personne accepte elle ne vas pas accepter de manière permanente, cette semaine c'est untel, et l'autre semaine il faut trouver quelqu'un d'autre car il ne va pas accepter que vous reveniez plusieurs fois, ça va attirer la curiosité." Magg MIKOMBE, directeur de la rédaction.

Le Grognon a conservé ses fidèles lecteurs. Alphonse Ntumba est avocat et chaque semaine, il achète son exemplaire, qu'il fait partager à ses collègues.
 
"C'est notre passion dans la mesure où non seulement nous avons l'information mais nous nous détendons en même temps, c'est plus les dessins qui nous intéressent, ils nous poussent à continuer à lire".  Alphonse NTUMBA, avocat.

Il y a quelques années, plus de 6 000 exemplaires du Grognon étaient écoulés chaque semaine. Aujourd'hui, moins d'un millier de journaux trouvent preneur, malgré un prix de vente diviser par deux.