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RDC : le résultat des sénatoriales enflamme le débat

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© TV5MONDE

Installation des sénateurs suspendue, report des élections des gouverneurs et ouverture d'une enquête : en République démocratique du Congo, la réponse du président Tshisekedi après les résultats contestés des sénatoriales. Une victoire très nette de la coalition de l'ancien président Joseph Kabila et des accusations de corruption ont déclenché des manifestations de colère ces derniers jours.

Un président, et après ? Début janvier, les partisans de l'UDPS criaient victoire après l'élection de leur candidat, Félix Tshisekedi, à la présidence. Deux mois plus tard, changement de ton. Tout au long du week-end, ils ont manifesté. A Mbujimayi, "fief" du nouveau président, un policier en charge de la sécurité d'une députée du FCC (la coalition de Joseph Kabila) a été tué. A Kinshasa et Goma, les militants ont aussi manifesté leur colère.

En cause, les résultats des élections sénatoriales annoncés vendredi 15 mars. Déjà majoritaire à l'Assemblée nationale et dans les Assemblées provinciales, le FCC pro-Kabila a raflé 84 sièges de sénateurs sur 100. La coalition Cash de Félix Tshisekedi n'obtiendrait que trois sièges. Zéro à Kinshasa et au Kasaï oriental, où l'UDPS dispose pourtant de députés provinciaux.

Achats de voix

 

Et ce sont précisément ces députés provinciaux du parti présidentiel qui sont aujourd'hui mis en cause, soupçonnés d'avoir monnayé leurs votes. "Quand on est membre d'un parti politique, on respecte les consignes et instructions du parti". Dimanche, sur Radio Okapi, le président délégué de l'UDPS a laissé éclater sa colère. Jean-Marc Kabund promet des sanctions :  "A Kinshasa 9 députés seront estés en justice. Six à Mbuji-Mayi et 5 à Kananga". 

"L'UDPS n'a pas eu honte de dénoncer ses fils qui se sont mal comportés", surenchérit Felly Kabala, l'un des communicants du chef de l'Etat, ajoutant que "corrompus mais aussi corrupteurs doivent être sanctionnés", d'autant que "les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui s'est passé aux sénatoriales risque de se reproduire aux élections des gouverneurs", initialement prévues fin mars.

Annulation ?

 

L'UDPS demande aujourd'hui l'annulation de ces élections sénatoriales. Hors de question, répond le FCC de Joseph Kabila. La coalition de l'ancien président rappelle que "le cycle électoral en cours est âprement négocié" et qu'il est aujourd'hui "mis en péril". Le FCC voit notamment d'un très mauvais oeil la convocation des présidents de la Commission électorale et de la Cour constitutionnelle ce lundi par le président congolais, Félix Tshisekedi.

Désamorcer

A l'issue de la réunion "interinstitutionnelle", ce lundi 18 mars dans l'après-midi, le président Félix Tshisekedi a annoncé que l'installation des sénateurs élus était suspendue. L'élection des gouverneurs est également reportée. Le chef de l'Etat annonce enfin l'ouverture d'une enquête sur le scandale des sénatoriales.
► Voir : Ces annonces n'ont pas calmé les esprits. La classe politique reste très divisée. 

Ce bras de fer entre UDPS et FCC est surveillé de près par celui qui fût le candidat de la coalition Lamuka. Martin Fayulu ne semble pas surpris de la situation. "M. Tshisekedi n'est qu'une marionnette", déclarait-il ce samedi à l'Agence France Presse, ajoutant : "il était avide du pouvoir. Il s'est fait prendre au piège".

Selon Martin Fayulu, "Joseph Kabila va tout avoir. Il s'est joué de tout le monde".

 

"Soulèvement du peuple"

S'il commente aujourd'hui le débat autour des sénatoriales, Martin Fayulu le candidat malheureux de Lamuka, reste néanmoins sur un autre front, celui de la présidentielle. Et il ne lâche rien. Il était ce week-end en Europe où il a réuni ses partisans. Objectif toujours, revendiquer sa victoire, "la victoire du peuple congolais", selon ses mots. Début janvier, des résultats officieux lui avaient donné une large victoire à la présidentielle. 

Invité du journal Afrique de TV5MONDE ce dimanche 17 mars au soir, Martin Fayulu a promis "un soulèvement populaire", "on ne peut pas voler à un peuple sa victoire" a-t-il martelé, demandant de nouvelles élections : "si partout ailleurs, comme au Venezuela, on accepte que l'on refasse des élections, pourquoi ne l'accepterait-on pas au Congo ?

► Voir l'entretien avec Martin Fayulu