RDC - Rwanda : le bilan du massacre de Kishise passe à plus de 300 morts

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Jeunes à Goma manifestant contre le massacre de Kishishe le 5 décembre 2022. Capture d'écran AP.
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Mis à jour le
6 décembre 2022 à 17:25
par TV5MONDE AFP
Le gouvernement de la République démocratique du Congo revoit à la hausse le bilan du massacre de Kishise dans l’est du pays. Selon lui, 300 personnes au moins seraient mortes dans cette attaque commise le 29 novembre et dont il accuse la rébellion du M23.
Ce chiffre de plus de 300 morts a été avancé par le ministre congolais de l'Industrie, Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu (est) de 2007 à 2019, lors d'un point de presse animé par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya le 5 décembre.
 
L'armée a accusé le 1er décembre le M23 d'avoir massacré au moins 50 civils dans ce village du Nord-Kivu, bilan que le gouvernement évaluait le lendemain à "plus d'une centaine" de morts.

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Des habitants interrogés par téléphone par l'AFP ont raconté avoir dû, à la demande des rebelles, enterrer les victimes dans des fosses communes.
 
Le mouvement rebelle a rejeté les accusations des autorités congolaises et reconnu la mort de huit civils dans ce village, tués selon lui par des "balles perdues" lors de combats avec des miliciens.
 
Le ministre Paluku et le porte-parole du gouvernement Muyaya ont indiqué que les nouveaux chiffres leurs avaient été communiqués par la société civile et une "organisation qui regroupe toutes les communautés" de la région.
 
"Chaque communauté a pu recenser, à travers les antennes qui sont à Kishishe et environs, les personnes qui sont mortes", explique Julien Paluku. "Une communauté à elle seule a plus de 105 personnes tuées", ajoute-t-il.
 
"On a autour de 300 morts", en réponse à une question de l'AFP, "des gens qui sont connus, régulièrement habitants de Kishishe, qui n'ont rien à voir avec les FDLR (rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda), rien à voir avec des maï-maï" (miliciens communautaires), a-t-il affirmé.
 
Dans son propos introductif, le ministre de l'Industrie parle de quelque "272 civils tués".

17 enfants

"Il y a des enfants qui ont été tués, dans une église, dans un hôpital", précise Patrick Muyaya, 17 "selon les premiers éléments donnés".
 
Le ministre explique "des difficultés à recouper tous les chiffres", car "la zone est sous occupation du M23". "Un travail de consolidation est en cours", ajoute-t-il. Des enquêtes ont été demandées, soulignent les deux ministres.
 
Le M23, une ancienne rébellion tutsi vaincue en 2013, a repris les armes en fin d'année dernière et conquis ces derniers mois de larges portions d'un territoire au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

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Kinshasa accuse Kigali d'apporter à cette rébellion un soutien que des experts de l'ONU et des responsables américains ont également pointé, mais le Rwanda nie avec constance, en accusant en retour Kinshasa, qui nie également, de collusion avec les FDLR, un mouvement constitué par certains auteurs du génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.
 
Le 5 décembre, Washington a annoncé que le secrétaire d'État américain Antony Blinken, dans un appel la veille au président rwandais Paul Kagame, avait exhorté celui-ci à cesser "tout soutien" au M23, exprimant "sa profonde préoccupation à propos de l'impact des combats sur les civils congolais, qui ont été tués, blessés, ou déplacés".

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Antony Blinken a aussi appelé au respect de l'accord négocié par l'entremise de l'Angola.
 
Un sommet organisé le 23 novembre à Luanda a ordonné un cessez-le-feu suivi du retrait du M23 des positions conquises, mais aucun retrait n'a été observé à ce jour.
 
En mémoire des victimes de Kishishe, le gouvernement congolais a décrété trois jours de deuil national, qui s'est achevé lundi 5 décembre. Dans la soirée à Goma, des jeunes se sont rassemblés dans le centre ville et ont déposé en silence sur le sol des bougies formant une carte de la RDC.