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Sénégal : dans son taxi jaune, elle sillonne les rues de Dakar

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TV5MONDE

Il y a 10 ans, le gouvernement lançait une opération : Taxi Sister. Une vingtaine de femmes avaient répondu à l'appel pour devenir conductrice de taxi. Aujourd'hui, seule Boury Mbaye n'a pas lâché son volant. Reportage. 

Boury Mbaye ne va pas monter à l'arrière.... C'est elle la conductrice de ce taxi. La seule femme de Dakar dans une voiture jaune. Il y a 10 ans, le gouvernement lançait l'opération "Taxi sister". Des véhicules conduits uniquement par des femmes. Aujourd'hui, c'est la seule à ne pas avoir lâché son volant.

« Je reste pour maintenir le projet et montrer à tout le monde que les femmes peuvent
travailler comme taxi women »,
raconte Boury Mbaye, conductrice de taxi. Elle a été couturière, et a tenu un commerce de cosmétiques puis, elle a acheté cette voiture.

« Jaime bien les défis car si quelqu'un me dit tu ne peux pas le faire… », explique-t-elle. Boury s'énerve parfois dans la circulation : " Où tu vas? Regarde ici, où est-ce que tu veux passer? Où tu vas? Allez Passe! ".
 

Une conductrice rassurante

C'est une femme de caractère. Et cela plaît à ses clients, même s'ils sont souvent surpris de voir une femme au volant. « Elles sont plus prudentes sur la route. Elles font attention. C'est le sentiment de sécurité maternelle qui est là, vous pouvez discuter avec elle en chemin, elle vous donne des conseils sur la vie en général », observe Amadou Diallo, client.

La voiture de Boury tombe souvent en panne. Les répérations coûtent cher, elle n'a pas les moyens d'en acheter une neuve. Elle pense parfois à raccrocher mais ne s'y résout pas.
 

Transport d'étudiants

« Tout le monde m'encourage. Les clients, les gens que je rencontrent, surtout à
l'université. Je n'ai jamais vu quelqu'un qui fait des critiques ou quelque chose comme
ça »,
raconte Boury Mbaye.

Pour arrondir ses fins de mois, Boury s'est lancée dans le transport collectif d'étudiants. De quoi nourir toute sa petite famille. C'est un peu elle, l'homme de la maison. « Elle fait la fierté de cette famille elle est toujours comme ça, elle n'a jamais voulu rester à la maison sans rien faire. Elle quitte à 5h ou 4h30 du matin, elle revient à la maison à 18h, c'est très dur pour une femme, mais on l'encourage c'est la vie, il faut être battante pour réussir », reconnaît Arame Mbaye, soeur de Boury. Les heures qu'elle ne compte pas, les embouteillages, c'est sa vie !