Sénégal : la grève des transporteurs devient illimitée

Image
Sénégal : la grève des transporteurs devient illimitée (1)
Un car rapide à Pikine, près de Dakar, 1er février 2019.
REUTERS/Zohra Bensemra
Mis à jour le
15 décembre 2021 à 13:33
par TV5MONDE AFP
Les transporteurs sénégalais ont décidé de prolonger leur mouvement de grève qui paralyse Dakar depuis le 1er décembre. Ils annoncent une grève illimitée et qui dépasse la capitale. Ils réclament la fin "des tracasseries par la police, la douane, la gendarmerie et le service des Eaux et forêts, les arrestations de chauffeurs".

A Dakar et en province, ce 3 décembre, ce sont les mêmes scènes que les deux premiers jours du mouvement, avec des routes quasiment vidées de véhicules de transports de passagers et de biens, selon des journalistes de l'AFP et des témoins.

Dans plusieurs localités, le trafic est notamment assuré par des motos et des véhicules tirés par des chevaux. Selon la presse locale, des bus de la société de transports ont été empêchés de rouler en province par des transporteurs.

Beaucoup de gens n'ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail et des élèves à leur école, comme à Dakar. Des malades n'ont pas pu respecter leur rendez-vous médical, ont déclaré à la presse des sources hospitalières à Dakar.

(RE)lire : Sénégal: Dakar paralysée par une grève dans les transports

"Le gouvernement campe sur sa position. Nous campons sur notre position", a déclaré ce 3 décembre sur la radio privée RFM Gora Khouma, responsable du Cadre unitaire des syndicats de transports routiers du Sénégal (Custrs), à l'origine de la grève initialement limitée à deux jours.

Des responsables du Cadre ont appelé depuis jeudi 2 décembre dans la soirée à une grève désormais illimitée pour amener le gouvernement à satisfaire leurs doléances contenues dans une plate-forme en 11 points.

Cette grève a un (mauvais) impact sur l'économie. (Elle) a causé des désagréments aux usagers. Rien ne justifie sa poursuite

Mansour Faye, ministre sénégalais chargé des Transports terrestres

Les transporteurs protestent notamment contre "les tracasseries" de la police, de la gendarmerie et du service des Eaux et forêts.  Beaucoup de chauffeurs ont déclaré à la presse être victimes d'un "racket" de la part des forces de l'ordre.  Ils protestent également contre le transport clandestin et le nombre élevé, selon eux, de points de contrôle.

Les transporteurs exigent de discuter avec au moins six ministères impliqués dans la gestion du secteur dont l'Intérieur, les Forces armées, l'Environnement, le Commerce, et pas seulement avec la tutelle, a déclaré Gora Khouma.

Le ministre chargé des Transports terrestres a déclaré le 2 décembre sur la télévision publique être prêt à rencontrer les grévistes pour discuter avec eux et au nom de ses collègues ministres, un appel qui n'a pas été entendu par les transporteurs.

"Cette grève a un (mauvais) impact sur l'économie. (Elle) a causé des désagréments aux usagers. Rien ne justifie sa poursuite", a répliqué le ministre Mansour Faye.