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Sénégal : un rapport dénonce des harcèlements sexuels à l'école

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TV5MONDE

Les élèves sont elles les proies de leurs enseignants en Afrique? 

Il y a quelques jours, Human Right Watch rendait un rapport dénonçant le harcèlement sexuel au Sénégal. Après avoir interrogé 160 jeunes filles, l'ONG concluait à des abus généralisés. Si la méthodologie du rapport est critiqué, l'existence du phénomène n'est contesté par personne. 

Cette jeune femme a 25 ans, elle a grandi à Pikine.
A 17 ans, alors qu'elle est en seconde, son professeur d'histoire commence à lui faire des avances. Puis à la punir parce qu'elle se refuse à lui, elle n'a que des mauvaises notes.

"Je n'avais pas envie de faire son cours. Surtout le matin quand à la première heure
je savais que j'avais son cours, je tombais malade. Ca a été un véritable cauchemar pour moi, mais j'ai su me relever quand même quand j'ai pris mon courage à deux mains pour lui dire que j'allais le dénoncer.».

Mais rares sont celles qui comme elle, ont le cran de confronter leurs agresseurs.

"Dites-moi, quelles sont les formes de violence que vous connaissez?"

Ngoné Sarr anime régulièrement cette causerie, dans le quartier de Ouakam, à Dakar.
Et ce sont les mères qu'elle sensibilise sur des sujets délicats comme la sexualité, la contraception. 
Les violences sexuelles à l'école, au coeur du rapport de Human Rights Watch, font l'objet de la discussion du jour.
Pour Ngoné Sarr, les jeunes filles victimes sont bien souvent réduites au silence.  

« Si elle parle et qu'il n'y a pas de mesure on peut la renvoyer de l'école, on peut lui donner de mauvaises notes, on peut la discriminer, on peut la stigmatiser mais elle sera une personne non grata dans la société. La plupart du temps elle préfère se taire, garder leurs angoisses, leurs douleurs, leur stress plutôt que de partager."

Ce Syndicat-enseignant ne semble pas prendre en compte le poids du tabou, autour de ces violences
Pour lui, la loi sénégalaise est suffisament protectrice. 

«A chaque fois qu'un enfant est victime de quoi que ce soit venant de ses professeurs mais même la radiation peut suivre. La législation scolaire et la loi sénégalaise encadrent très bien ces enfants qui sont des mineurs", explique Saourou Sène, secrétaire général du syndicat autonome des enseignants du moyen
secondaire du Sénégal 

Ce syndicat enseignant et des syndicats étudiants envisagent de porter plainte contre Human Rights Watch.
Le ministère de l Education nationale a aussi dénoncé la qualité du rapport de l'ONG.