Sommet de l'Union africaine : tensions autour du statut d'observateur accordé à Israël

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Sommet de l'Union africaine : tensions autour du statut d'observateur accordé à Israël (1)
Delegates attend the opening session of the 33rd African Union (AU) Summit at the AU headquarters in Addis Ababa, Ethiopia Sunday, Feb. 9, 2020. 
ASSOCIATED PRESS
Mis à jour le
5 février 2022 à 16:08
par Lauriane Nembrot Avec AFP
Le sommet annuel de l'Union africaine (UA) s'est ouvert ce samedi dans la capitale éthiopienne Addis Abeba. Un premier jour sous tension, alors que le premier ministre palestinien appelle à retirer l'accréditation accordée en juillet à Israël. 
C'est le tout premier sommet de l'Union africaine en présentiel depuis le début de la pandémie mondiale de Covid-19. Le premier également depuis la vague de coups d'État qui vient de secouer le continent africain. 

Et ce samedi, dès l'ouverture du sommet, un autre sujet s'est invité à la table du sommet. Les 55 États membres se sont déchirés autour de la question d'Israël et de son statut d'observateur, un statut obtenu en juillet dernier. 

L'Union africaine se prépare à un bras de fer sur le statut d'Israël​
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Une "récompense imméritée" selon le Premier ministre palestinien


Dans un discours à la tribune devant les dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement africains réunis au siège de l'UA prononcé ce samedi, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a appelé à retirer l'accréditation accordée à Israël. Selon l'homme d'État, il s'agirait d'une "récompense imméritée" pour les abus commis par l'Etat hébreu contre les Palestiniens.
 
Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d'apartheid qu'il impose au peuple palestinien

Mohammed Shtayyeh, Premier ministre palestinien
"Les peuples du continent africain ne connaissent que trop bien la dévastation et la déshumanisation qui caractérisent le colonialisme et les systèmes connexes de discrimination raciale institutionnalisée", a lancé le dirigeant de l'Autorité palestinienne, accréditée en tant qu'observateur auprès de l'UA depuis 2013.

"Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d'apartheid qu'il impose au peuple palestinien", a ajouté Mohammed Shtayyeh, reprenant une formule d'un rapport d'Amnesty International publié cette semaine.
 

Pour ses vingt ans, l'Union africaine se prépare à un sommet au programme chargé

Tensions parmi les 55 États membres

La décision en juillet du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, d'accréditer Israël a suscité de vives protestations parmi plusieurs des 55 Etats membres, dont l'Afrique du Sud et l'Algérie, qui ont rappelé qu'elle allait à l'encontre des déclarations de l'organisation soutenant les Territoires palestiniens.
Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA
Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA
Ronald Zak / AP

Dans son discours d'ouverture du sommet quelques minutes plus tôt, Moussa Faki Mahamat avait défendu son choix et appelé à "un débat serein". Il a assuré que l'engagement de l'UA dans la "quête d'indépendance" des Palestiniens était "immuable et ne peut que continuer à se renforcer", tout en affirmant que sa décision d'accorder l'accréditation à Israël pouvait être "un instrument au service de la paix".

Cette décision controversée doit faire l'objet de discussions dimanche après-midi, en clôture de ce sommet à l'agenda chargé, marqué notamment par les coups d'Etat qui ont secoué le continent et la pandémie de Covid-19.