Tchad : l'opposition brave l’interdiction de la junte de manifester

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Tchad : l'opposition brave l’interdiction de la junte de manifester (1)
Des membres de l'opposition assistent aux funérailles d'un manifestant tué par les forces du régime tchadien lors des manifestations du 27 avril.
AP/ Sunday Alamba
Mis à jour le
8 mai 2021 à 13:16
par TV5MONDE AFP
La police tchadienne a dispersé samedi à coups de gaz lacrymogène quelques manifestations sporadiques de dizaines de personnes à N'Djamena. A l'appel de l'opposition et de la société civile, cette mobilisation dénonce la junte qui a pris le pouvoir après la mort du président Idriss Déby Itno. 

Le collectif de partis d'opposition et d'associations de la société civile Wakit Tamma a appelé à manifester ce samedi 8 mai contre le Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le fils du défunt président Idriss Déby Itno, Mahamat Idriss Déby, qui concentre presque tous les pouvoirs. 

La veille, les autorités militaires avaient interdit les rassemblements prévus par Wakit Tamma. Les forces de l'ordre sont massivement déployées dans les rues de la capitale.

Malgré cette interdiction, des manifestants de l'opposition étaient présents dans différents endroits de la capitale, comme en témoigne ce tweet de la correspondante de TV5MONDE à N'Djamena.


La  police a dispersé ces manifestants à coups de gaz lacrimogène. Selon le collectif de l'opposition, Wakit Tamma, il y a eu des blessés et des arrestations. 

Un petit groupe de manifestants a brûlé des drapeaux français, dans le 5e arrondissement, dans le nord de la capitale selon l'AFP. La France est accusé de soutenir le nouveau pouvoir tchadine. Emmanuel Macron est le seul chef d’Etat occidental à avoir fait le déplacement. « Oui à un pouvoir civil », ont écrit sur une pancarte des manifestants.

Le 27 avril, six personnes avaient été tuées à N'Djamena, la capitale, et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations, interdites par les autorités, à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes ont été arrêtées.

Revoir : Tchad : l'opposition violemment réprimée par les forces de l'ordre

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La junte a constitué dimanche 2 mai par décret un gouvernement de transition composé de 40 ministres et secrétaires d’État. Les postes régaliens sont presque tous aux mains de membres du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti d'Idriss Déby. 

Deux membres du parti de l'opposant historique au maréchal Déby, Saleh Kebzabo, ont fait leur entrée dans le gouvernement de transition. Le parti de M. Kebzabo s'est depuis retiré du collectif Wakit Tama. "Notre parti s'est retiré et n'appelle pas à manifester samedi", a déclaré jeudi à l'AFP Saleh Kebzabo.

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