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Togo : Faure Gnassingbé appelle au dialogue

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©TV5MONDE / Commentaire : S. Rodier - Montage : V. Perez

Le président togolais Faure Gnassingbé a réitéré mercredi 3 janvier 2017, en présentant ses voeux, sa volonté de "dialoguer" avec l'opposition pour mettre fin à la crise politique et sociale qui agite le pays depuis septembre. L'opposition exige des "mesures d'apaisement" notamment la libération de manifestants toujours détenus et le retrait des forces de sécurité dans le nord du pays.

L'année 2018 commence par une nouveauté : un discours de Faure Gnassingbé, et quelques mots sur la crise que traverse son pays. Du jamais vu depuis le début des manifestations en août dernier.

"Le dialogue doit rester la voie privilégiée de résolution des désaccords entre les acteurs politiques", a déclaré le président à la télévision nationale, en insistant sur son projet de révision de la constitution. "Je n'ai aucun doute qu'aujourd'hui encore, nous sommes capables d'explorer toutes les voies de la concertation et des échanges d'idées, de dépasser les griefs", a-t-il indiqué, sans annoncer la date des discussions.

Un appel au dialogue, au respect de l'état de droit mais aucun mot sur une transition encore moins sur un départ du président, comme le réclame les opposants depuis des mois. La rue togolaise a de nouveau grondé d'ailleurs lors des derniers jours de l'année. Dans le calme d'abord, et comme d'habitude, les manifestants ont entendu le bruit des bottes et des coups de matraque ensuite... Sous le regard des caméras, les policiers ne font même plus attention à leurs gestes. Comment croire à un rapprochement dans ces conditions? 

Impossible dialogue? 

Pour le politologue, Primus Guenou, les voeux du président togolais ont peu de chance d'aboutir. "Le dialogue tout le monde l’annonce Mais seulement nous ne voyons pas les contours de ce dialogue. Les exigences de la coalition des 14 partis de l’opposition sont à l'extrême de ce que dit le président. Le président dit qu'il y a des échéances électorales à respecter, qu'il est prêt. Or de l’autre (côté), on dit 'nous ne voulons plus de ces gens, ils n’ont qu’à dégager'", a-t-il déclaré.

"Je ne vois pas la ligne médiane qui va pousser ces deux camps à aller au dialogue. Ou alors ça sera un dialogue de sourd. Les autres disent Faure must Go, le président  doit partir. Le président dit qu'il est là il doit préparer les échéances prochaines. Maintenant qui va abandonner quoi dans son discours ?", a-t-il ajouté.

Après des mois de contestation populaire pour demander sa démission, menée par 14 partis d'opposition, le Parlement souhaite soumettre au peuple un projet de révision de la constitution qui prévoit une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.  Toutefois, cette réforme n'est pas rétroactive, ce qui permettrait au président Gnassingbé, qui a succédé en 2005 à son père, au pouvoir 38 ans, de se représenter en 2020 et 2015.

Vers une médiation africaine?

L'opposition, qui rejette cette réforme, se mobilise depuis septembre, organisant des manifestations quasi hebdomadaires. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, inquiets de l'instabilité que peut engendrer la crise togolaise, ont appelé le pouvoir et l'opposition au dialogue, sous la médiation du président ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé. Selon l'opposition, ils auraient été rejoints "par le Bénin et le Burkina Faso qui ont souhaité appuyer les deux pays dans cette mission de médiation".
Mais les discussions annoncées depuis début novembre par le gouvernement, peinent à démarrer.

Au total 16 personnes, dont des adolescents et deux militaires lynchés par la foule, ont été tuées depuis le début des manifestations, selon un bilan établi par l'AFP.
Des édifices publics et des maisons particulières - appartenant notamment à des proches du pouvoir - ont été saccagés et incendiés. "Les auteurs et les responsables d'actes de violence, de destruction et de meurtres doivent être recherchés et soumis à la rigueur de la loi. Nous devons cela aux victimes, à toutes les victimes", a martelé Faure Gnassingbé mercredi.