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Une Egypte sans Salah et sans solutions

Eliminée au bout de deux matchs, l’Egypte n’aura jamais su trouver les solutions sans sa star Mohamed Salah, absente ou sur une jambe.

Le parcours : qui trop subit mal finit


Compacte, avec une double ligne défensive, une seule pointe et l'initiative offensive laissée à des joueurs de couloir rapides, l'Egypte aura offert durant cette Coupe du Monde l'image que l'on pouvait attendre d'elle avant le début de la compétition. Les Pharaons se présentaient comme un autobus privé de son habituel accélérateur, Mohamed Salah - nous y reviendrons. Le plan sembla d'abord fonctionner, et il s'en fallut d'une petite poignée de minutes pour que les coéquipiers de Mohamed Elneny ne débutent leur phase de groupes par un match nul face à l'Uruguay. Trop peu efficaces sur leurs quelques incursions dangereuses dans le camp de la Céleste, les hommes d'Hector Cuper cédaient sur un de leurs rares moments de déconcentration défensive, dont José Gimenez et la Céleste furent les heureux bénéficiaires. Battus mais pas abattus, ils firent encore illusion une mi-temps durant face à la Russie. Mais la Sbornaya sut ensuite faire parler sa qualité offensive, bien aidée par le latéral droit Ahmed Fathi, auteur d'un « CSC » pour l'ouverture du score.

Ce qui n'a pas fonctionné : pas de plan B sans Salah


Trop court physiquement pour apparaître lors de l'entrée en lice de son équipe, Mohamed Salah était opérationnel pour le rendez-vous face à la Russie. S'il fit illusion et marqua le seul but des siens, sur penalty, le meilleur joueur de Premier League joua à l'économie, rechignant souvent à aller au combat sur son aile droite comme il sait le faire avec Liverpool. Problème : sans un Salah à 100%, l'Egypte ne vaut plus grand chose. « Je crois que personne ne peut nier l’importance de Salah, c’est un joueur crucial, a reconnu le sélectionneur Hector Cuper. C’est difficile de dire ce qu’il aurait pu se passer s’il avait été en forme. L’équipe médicale m’a dit qu’il était au point. En ce qui concerne sa forme, il n’a pas pu s’entraîner normalement pendant le camp d’entraînement, cela lui a peut-être coûté un peu de capacité physique. Sa blessure est arrivée et c’est comme ça. La chose que je regrette, c’est qu’il n’ait pas été là pendant la préparation. » Pour Hassan Shehata, le coach des trois victoires consécutives à la CAN (2006, 2008, 2010), « Salah aurait dû être réservé pour la dernière demi-heure, afin d’exploiter les espaces laissés par les Russes. »

La satisfaction : Mohamed El Shenawy


Préféré au vétéran Essam El Hadary, Mohamed El Shenawy a dans l'ensemble répondu à l'attente placée en lui. Face à l'Uruguay, le portier d’Al-Ahly, désigné homme du match par la FIFA, a longtemps paru imbattable. Il est vrai bien aidé par l’inhabituelle maladresse de Luis Suarez (14eme, 24eme), le gardien n'a guère tremblé. Resté tranquillement sur ses appuis, il avait ensuite gagné un face à face avec l'avant-centre blaugrana, s’emparant avec talent du ballon (72eme). Rien ne semblait devoir troubler sa sérénité… jusqu’à cette maudite 90eme minute. Face à la Russie, il cèda sur un ballon contre son camp de son coéquipier Ahmed Fathi, avant d'être battu de près par Cheryshev sur le but du break. C'est un autre El Shenawy, Ahmed de son prénom, qui aurait pourtant dû garder la cage égyptienne. Victime d’une rupture des ligaments croisés au mois d’avril, le portier du Zamalak avait été contraint de déclarer forfait pour la Coupe du monde. Invité surprise de la liste des 23, Mohamed El Shenawy n'avait été sélectionné que quatre fois, sans jouer la moindre minute, avant ses véritables débuts en équipe nationale, le 23 mars dernier.

Ce qui les attend : Cuper, stop ou encore ?


L'Egypte va se replonger fin août dans les joutes continentales, avec la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019. Battus d'entrée en Tunisie, les Pharaons auront de quoi se refaire une santé en recevant le Niger puis le Swaziland. Si on ne voit pas l'une des deux places qualificatives leur échapper, les coéquipiers de Mohamed Salah seront-ils toujours dirigés par Hector Cuper ? Rien n'est moins sûr. Le technicien argentin lui-même en paraît bien conscient. « Que je reste ou pas, cela ne dépend pas de moi, a-t-il déclaré après la défaite contre la Russie. Si les responsables de la fédération égyptienne de football ne sont pas contents, je partirai. » En poste depuis mars 2015, Hector Cuper a ramené l’Egypte à la CAN puis l’a qualifiée pour sa première Coupe du monde depuis 1990. Rarement séduisants dans le jeu, les Egyptiens avaient alors au moins des résultats inattaquables. Mais depuis, ils se sont montrés incapables de gagner le moindre match. De quoi sérieusement réduire le crédit du technicien argentin.

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